Annonce de la ministre Courchesne: une orientation vers l' utilisation du logiciel libre.
Au cours de la semaine dernière, les ministres Courchesne et Bolduc ont fait différentes annonces touchant le domaine informatique en santé. Au delà des éléments d' information concernant des visées d' économie et l' ajout d' un projet de loi mineur, c' est l' annonce par la Ministre Courchesne d' une orientation vers l' utilisation du logiciel libre qui mérite attention.
L' impact est majeur. Pour un établissement hospitalier, la mise débutent à un économie minimum de 2M$/ années. Pour se donner une idée de la mesure des économies, il serait possible de retirer tous les windows des milliers de postes de la fonction publique et de remplacer ces systèmes d' exploitation par un environnement de type Linux. Le premier exige un frais de licence, le second, non. Il y a donc un paquet de fric en jeu.
Si la démarche est sérieuse et que des directives sévères sont adressées aux gestionnaires, alors il est tout à fait réaliste d' atteindre un recul des coûts informatiques en gestion de 200M$ tel désiré par le ministre Bolduc. On peut penser même se prendre à rêver que les économies et les impacts d' une telle orientation raisonneront jusque dans le budget de l' état qui est grevé pour une moitié des frais de santé.
Au delà des sous, c' est la réalisation d' un souhait subalterne de la ministre Courchesne qui sera favorisé par l' adoption du logiciel libre. La raison en est simple: son environnement de développement est communautaire, tout comme l' expérimentation de usage. Chacun peut y apporter son grain de sel en ayant pour objectif un avancement commun, sans considération financière. On traite d' économie dans la mesure des services rendus et non pas vendus. Voilà l' esprit qui colle tout à fait avec la fonction publique.
En contre partie, comme le logiciel libre n’est pas vendu, il n' existe fondamentalement aucun obligé qui puisse en garantir l' usage.
L' usage du logiciel libre doit être planifié et organisé puisqu' aucune multinationale n' offre la vente de licence et donc le service de support. C' est libre mais surtout pas gratuit. Un exemple pour bien comprendre: ce n' est parce qu' on vous donne une voiture que l' essence sera gratuite à la pompe.
Il y a donc des coûts et des efforts à fournir pour utiliser le logiciel libre.
Son adoption représente de fait un changement culturel important pour une organisation car l' esprit de développement est plutôt philanthropique. L' entreprise privée pourra supporter l' État dans son passage vers l' utilisation du logiciel libre mais il est à espérer que ce support du privé soit clairement fait de manière à rapatrier le savoir-faire informatique et ainsi rebâtir l' expertise interne de la fonction publique québécoise tel qu' on en a manifesté le voeu.
Le parie d’une utilisation systématique du logiciel libre n' est pas une utopie. En fait, c’est la voie à suivre pour rentabiliser les 2,6 G$ investis en informatique et sortir (ou embaucher ?) les 2 500 consultants qui travaillent à même les installations publiques.
Il faudra bien payer notre monde et simplifier l' organisation du travail pour monter les équipes, garder la flamme et ainsi concurrencer le privé. Être fonctionnaire n' est pas simple à cause de la lourdeur du système et du sentiment de castration que cela induit. Cela, comme le reste, peut toutefois être changé.
En fait, il faudrait comprendre un jour que le problème n' est pas d' avoir deux pairs de main sur le volant. Le problème est qu' on oublie trop souvent que des volants, il y en a des tas !
Si Dédé était encore de ce monde, il dirait : "passes-moi l' stering, m' a t' en monté des rues".
Déc. 2010